l (10).jpg

Je suis née à Minsk en Biélorussie en 1984.

J'ai fait des études en Arts Visuels à l’Université de Saint Pétersbourg, un Master en Éducation à Poitiers, Madrid et Lisbonne.

J'ai travaillé comme traductrice, journaliste, enseignante et organisatrice culturelle. 

En 2013, j'entre en Master Création Littéraire à l'Université Paris 8 où j'écris Dans l’eau je suis chez moi, un texte sur des vies potentielles

d’êtres aimés. 

 

Écrire veut dire déplacer les mots et les minutes, trouver ce qu'ils cachent/enferment, regarder de l'autre côté . 

J’ai ma langue hésitante à moi, c’est une langue qui ne m’appartient pas et qui me résiste. Mon français est tordu et incorrect,

mais je l’ai choisi. J’aime les mots qui se doutent, j’ai envie de tournures alambiquées et maladroites.

La question que je me pose c’est : “ Est-ce que nous possédons une langue ou est-ce la langue qui nous possède ? ”

Quand une histoire apparaît à l’intérieur de nous, nous pouvons alors déduire la langue dans laquelle elle doit être écrite.

 

J’aime écouter les langues des autres: de ceux qui hésitent, s’arrêtent, dans une urgence silencieuse afin de trouver des mots qui soient précis,

de ceux qui utilisent des mots inadaptés. Des mots inadaptés sont parfois les plus justes.

J’aime écouter ceux qui parlent lentement parce que leurs mots les fuient, ceux qui cherchent les mots dans une langue qui leur est étrangère.

J’aime écouter les enfants, dont les mots sont directs et mal élevés. J’aime les langues fragiles qui laissent les paysages de ceux qui en parlent apparaître en creux .

Est-ce que la  langue que nous parlons cache d’autres langues, des langues “fantômes” ?

Mon deuxième livre De l’autre côté de la peau est sorti aux éditions Verticales au mois de février 2022.

C’est une enquête poétique, une recherche autour d’une langue en destruction, un mode d’emploi pour ralentir le temps.

C’est un roman où des personnages réels et des personnages fictifs se croisent, s’influencent, s’imprègnent.

 

Le projet  en cours s’appelle Géométries désaccordées. Le titre est provisoire, la méthode d’écriture est intuitive. C’est une autofiction qui se prend pour une théorie,

une philosophie qui danse. Ce texte s’intéresse aux liens qui se font et se défont, à une trajectoire fragile de relations commencées, amicales et amoureuses,

aux directions pressenties, aux positions des corps qui se fâchent, à l’asymétrie des désirs, aux contours flous,  aux angles morts. Je cherche

une forme performative pour ce texte –  une lecture en suspension qui se fabrique autour des silences mal placés et des positions d’un corps en déséquilibre.