Je suis née à Minsk en Biélorussie en 1984. J’ai  fait des études en Arts Visuels à l’Université de Saint Pétersbourg et un Master en Éducation à Poitiers, Madrid et Lisbonne. Avant de me lancer en écriture, j’ai travaillé comme traductrice, journaliste, enseignante et organisatrice culturelle. 

En 2013, j’entre en Master Création Littéraire à l'Université Paris 8, où j’écris Dans l’eau je suis chez moi, un texte sur des vies potentielles d’êtres aimés. 

Écrire veut dire pour moi chercher de nouvelles significations pour les mots et questionner ce qu'ils cachent, mais aussi donner sensibilité et force aux paysages intérieurs des autres. 

J’ai ma langue hésitante à moi, c’est aussi ma langue d’écriture, c’est une langue qui ne m’appartient pas et qui me résiste. Mon français est tordu et incorrect, mais je l’ai choisi. J’aime les mots qui se doutent, j’ai envie de tournures alambiquées et maladroites. La question que je me pose en ce moment c’est :

“Est-ce qu’on peut s’approprier une langue qui n’est pas à nous ?”

Je crois que les histoires ont besoin de langues différentes : quand une histoire apparaît à l’intérieur de nous, nous pouvons alors déduire la langue dans laquelle elle doit être écrite.

J’aime écouter les langues des autres: de ceux qui hésitent, s’arrêtent, dans une urgence silencieuse afin de trouver des mots qui soient précis, de ceux qui utilisent des mots inadaptés. Des mots inadaptés sont parfois les plus justes. J’aime écouter ceux qui parlent lentement parce leurs mots les fuient, ceux qui cherchent les mots dans une langue qui leur est étrangère. J’aime écouter les enfants, dont les mots sont directs et mal élevés, qui volent des expressions d’adultes pour leur donner d’autres significations. J’aime les langues fragiles qui laissent les paysages de ceux qui en parlent apparaître en creux.

 

Est-ce que la  langue que nous parlons cache d’autres langues, des langues “fantômes” ?

Photo : © Émilie Massal